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Voici un petit cocktail de la première semaine intensive de cours de natation, à savourer sans modération.
(oui c'est bien de la peinture)
Catch the stick (ah oui j'oubliais de préciser que les cours de natation font aussi office de cours d'anglais - 2 en 1 comme le shampoing)
Nage, nage, nageons, nagez...
Petit coucou au passage ("noyeuannibere mamijou !")
Concours de sauts...
...sans oublier de respirer à l'arrivée...
Eloi, photos collectors, tout spécialement dédiées à Mamijou en ce jour anniversaire...
Et sur le dos...
Et pour finir, les indispensables tampons sur les mains, temoins d'une séance d'exception (comme chaque jour !)
Allez, bon dimanche et encore un Happy Birthday à Mamijou !!!
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Publié à 11:24, le 7/12/2008, Mots clefs :
Bon alors reprenons. C'était donc une façon un peu détournée de vous faire partager notre projet d'adoption, à travers les rues et les visages de Joburg... Pardon à ceux pour qui l'info a été trop floue !!! Alors voilà pour les détails:
Oui nous allons adopter un/une petit(e) sudaf, qui arrivera chez nous en Janvier, au terme de plusieurs mois de préparation. Ce sera un bébé de 2 à 6 mois, que l'on ne connait pas encore. Donc il/elle est surement déjà né, quelque part pas très loin de chez nous...
Cela fait plusieurs années que muri ce projet d'accueillir un enfant au sein de notre famille, un enfant venu d'ailleurs, né d'un autre couple, et pourquoi pas d'une autre culture, d'une autre couleur. Surement que le formidable exemple de ma cousine Soun' ;-) y est pour quelque chose, au moins pour faire germer l'idée... Accueillir la différence, accueillir l'autre. C'est dans cet esprit que j'ai été élevée, et Cédric m'a rejoint tout naturellement sur ce chemin. Je me souviens d'une soirée McDo, à peine quelques jours après notre rencontre, et la première évocation de l'adoption à cette occasion. Comme quoi rien ne vaut un bon BigMac pour connecter les esprits.
Et puis Noé est né, et puis Eloi, et toujours en toile de fond ce projet qui couvait, tranquillement, attendant patiemment son heure. Notre expatriation l'a tout naturellement fait resurgir. C'est le moment.
Alors après les premiers mois d'installation, j'ai commencé à enquêter. Un peu compliqué au début, notre situation ne rentrait pas dans les cases, mais il a suffit de trouvé le bon filon et c'était lancé. Et ce n'est véritablement qu'en Juin qu'ont commencé les étapes d'obtention de l'agrément.
Alors là, il faut d'abord que je vous raconte ma première visite à l'orphelinat Mère Teresa. Il y a à Joburg un petit groupe de françaises qui consacrent en moyenne 3 matinées par semaine de leur temps pour aller s'occuper des enfants. S'occuper des enfants, ça veut dire quoi ? La première fois que je les ai rejoins, je n'avais pas la moindre idée de ce qu'on attendrait de moi... On m'a d'abord montré la pièce des bébés. Une bonne vingtaine de petits berceaux alignés sur 2 rangées, 1 bébé par berceau, étonnement calmes. Bouffée d'émotion bien sûr... Surprise aussi, quand la mère supérieure me regarde et me demande lequel je choisi. L'espace d'un instant je me retrouve supermarché: j'entends les commentaires d'une oreille effarée: celui-là il est trop mignon avec son petit nez retroussé, celui-ci il a la peau très claire, c'est mieux non ? Celle-là faut pas la prendre, elle est trop maigre, mais t'inquiètes pas Claire, tu auras le feeling, et tu sauras tout de suite lequel est le bon.
Je bouillonne intérieurement. Ca n'est pas vraiment comme ça que j'avais imaginé l'adoption. Non je ne veux pas choisir lequel aura droit à une nouvelle famille, et toi à côté tant pis pour toi, tu louches... Je veux que le hasard fasse son travail, que même si l'adoption n'est pas un accouchement, ça s'en rapproche un maximum.
Vient ensuite le repas. Ou plutôt le gavage. Vous voyez le Sud-Ouest, ses beaux canards, ses délicieux foies gras ? Le principe est le même: administrer l'alimentation à ces bébés en un temps record, et puis au suivant, ah il dort ? Et bien on le réveille à coup de cuillère dans le gosier. Rien n'est plus pénible que de voir un nourrisson paisiblement endormi être violamment réveillé par son réflèxe nauséeux. "Mais plaints-toi pas petit, toi au moins tu bouffes". Et puis à partir de 3 mois, plus de biberon. Pas d'eau, rien. Comme me disait un de mes éminents professeurs de médecine il y a bien longtemps, quand on boit, on pisse (oui oui c'était un cours très sérieux de réanimation, comme quoi y a pas besoin d'être un génie pour faire de la médecine). L'inverse est aussi vrai, donc pour éviter les changements de couche intempestifs, on ne fait pas boire les enfants. Et pour moi qui ai été élevée dans la vénération de la potomanie, c'est une véritable torture que de voir ces petits êtres se tordre dans leur berceau, cherchant désespérément du bout de leurs lèvres sèches le réconfort d'une gorgée d'eau...
S'en suit la visite aux plus grands. Les plus grands, j'ai nommé ceux qui sont tombés plusieurs fois de leur berceau et qui passent donc dans la classe du dessus. Il y a donc des enfants de moins de 1 an, jusqu'à presque 3 ans. Ils sont enfermés dans une pièce vide, toute la journée sauf pour les repas et la sieste. Pas de surveillance, de toute façon il n'y a rien dans la pièce donc pas de danger, parait-il. C'est ainsi la découverte précoce des lois de la jungle, marche ou crève, caïds et oprimés. Tout ça je rappelle, dans un contexte où certains viennent tout juste d'être séparés de leurs parents. Et quand on entre dans la pièce, on est submergé par ces petits, tout heureux d'avoir un peu de compagnie. Ils veulent toucher, être cajolés, ils se battent pour être portés, ils mettent la main sous le tee-shirt dans un vain espoir d'y retrouver un peu de leur maman... déchirant. Mais encore plus déchirant ces deux petits qui savent à peine marcher, chacun dans un coin, qui pleurent en silence. Dans leurs yeux se lit une tristesse infinie. Nos câlins n'y changent rien, ils sont loin d'ici, ils sont absents. Fermés à toute tentative de tendresse. Je me souviens d'un texte que j'ai lu: adopter, c'est d'abord prendre conscience que cet enfant que l'on accueille a commencé sa vie par un deuil, le deuil de sa mère de naissance.
Je repars de l'orphelinat différente, amère presque. J'ai compris ce que ces femmes viennent faire à l'orphelinat. Elle font don de tendresse. Tout simplement. C'est ce dont les enfants ont vraiment besoin. Comment peuvent-ils grandir et s'épanouir sans un regard d'amour, sans des paroles rassurantes et des gestes réconfortants ?
Je rentre à Prétoria juste à temps pour récupérer Eloi à la crèche, et j'avoue que le nez dans son cou j'ai eu du mal à retenir mes larmes. Promis mes enfants je vais tâcher d'être une meilleure mère...
Bon weekend à tous
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Publié à 10:10, le 29/11/2008, Mots clefs :
Johannesburg, 9h12.
Prétoria - Johannesburg, c'est une quarantaine de kilomètres, souvent encombrés en ces temps de travaux pré-Coupe du monde de foot. On lui refait sa façade à la ville.
On compte une bonne heure pour rejoindre Margaret House. C'est là que nous travaillons depuis plusieurs mois à notre futur statut de parents adoptifs. Et c'est probablement là, ou pas loin, à l'orphelinat de Mère Teresa à Yéoville, que nous accueillerons notre troisième enfant en Janvier. Formindable aventure que je vais tenter de vous raconter, pas tout aujourd'hui mais petit-à-petit, au travers des différentes étapes qui jalonnent désormais notre vie quotidienne.
Et pour commencer voici sa ville, à notre futur bébé. Quelques photos glannées la semaine dernière en route vers notre ultime rendez-vous avec Connie, l'assistante sociale, qui nous dorlote depuis Mai dernier.
Capitale économique du pays, c'est une ville toute en couleur, à l'image de ses habitants. Ville qui , à l'heure actuelle, bouillonne de mille pelles et pelleteuses, fourmille d'ouvriers et d'ouvrières, en perspective de la tant attendue "World Cup 2010".
Sortie 16 sur la M1, que l'on connait maintenant par coeur et qui comme à chaque fois nous signale l'arrivée.
Le centre ville, dangereux dit-on...
Où la misère et l'opulence se côtoient de près :
Les travaux, encore et toujours, aux abord du grand stade.
(NB: spéciale dédicace au grand Marco pour la photo qui suit... vous êtes partout !!!)
Et puis les rues se rétrécissent, se font plus intimes... on s'approche.
Et nous arrivons à Margaret House. C'est dans cette petite maison de briques pourpres que se prépare l'agrandissement de notre famille. De rendez-vous en rendez-vous, de tests de personnalité en épreuves de compatibilité, nous construisons pas à pas cette belle aventure, aidés en cela par Noé et Eloi qui, eux aussi, se préparent à cette naissance un peu particulière.
Après ce dernier rendez-vous nous repartons le coeur léger, la prochaine fois sera la bonne... Et la ville nous parait d'un coup, soleil aidant, beaucoup plus agréable...
Et pour finir, dernière photo porteuse d'espoir dans ce pays à l'histoire si fraiche et encore tellement fragile..
Voilà. Je vous laisse sur cette belle image d'une Afrique du Sud que nous chérissons jour après jour un peu plus, et qui va nous confier un de ses enfants. A très bientôt tout le monde !
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Publié à 11:18, le 24/11/2008, Mots clefs :
Il y a quelques jours, nous sommes revenus d'un séjour au bout du monde... là où même les sudaf les plus aguerris ont du mal à se rendre, là où la faune est la plus dangereuse d'Afrique du Sud, j'ai nommé le désert du Kalahari.
A cheval sur 3 pays, l'Afrique du Sud, le Botswana et la Namibie, le parc transfrontalier du Kalahari est une immense réserve naturelle rebaptisée "Peace Park" - le parc de la paix - par Nelson Mandela. Ici pas de bitume, les pistes sont de sable, 4x4 de rigueur et réserves d'eau indispensables. Il fait chaud, on n'est en sécurité que dans la voiture et encore... bienvenus au désert.
Départ de Prétoria le 11 Octobre, et très vite les belles dunes blanches de Witsands...
Le sable est chaud, on est au bord de la mer sans la mer.
Lundi 13, en route vers les chutes Augrabies, dont on imagine l'immensité en période pluvieuse...
Et petit rappel pour ceux qui n'ont pas suivi, Notre chère petite souris est venue jusqu'en Afrique du Sud pour gâter Noé après la chute (belle transition) de sa première dent. Ca fait drôle, j'ai l'impression qu'il n'y a pas si longtemps, c'est moi qui les perdait, mes dents de lait...
"La Bohème, la bohème..." Voici notre petit coin de paradis à Upington, dernière ville avant le far Nord, le désert. Premier apéro d'une longue série...
Et le mardi 14, plongeon dans le désert...
Ses serpents...
 
Ses fameux gemsboks...
Y en a qui suivent je vois...
Ses gnous...
Et j'en passe...
Un peu de concentration à l'arrière s'il vous plait...
Ses springboks ("BOK !" - signé Basile)
Et pour finir, les féroces lions du Kalahari :
A côté desquels on pique-nique tranquillement, évidemment sans barrière... et malgré la chaleur on a eu un peu froid dans le dos...
Voilà pour le petit aperçu de nos vacances, on revient de loin, entre les cascades en 4x4 , les accidents de gnous , les lions et les serpents ... et on tient à place au chaud à tous ceux que ça tente !!!
Bises à tous,
Claire
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Publié à 09:14, le 26/10/2008, Mots clefs :
Une fois de plus vous ne rêvez pas, vous êtes en train de vivre quasiment en direct la rentrée de Noé ce matin en grande section. Voici donc Peyo, Marco et Noé, en route pour une nouvelle année à Prétoria. Comme vous pouvez constater c'est toujours l'hiver et un petit pull est de rigueur (12° ce matin dans la voiture). Je tiens à préciser, mais vous vous en doutiez, que cette photo n'est pas de mon fait, et je remercie chaleureusement mon amie Catherine et son efficacité à dégainer l'appareil photo en toute occasion... ! Bonne rentrée à tous !
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Publié à 07:13, le 2/9/2008, Mots clefs :
De retour de 2 mois de dur labeur en France (mariages, copains, famille, et quelques stages hospitaliers quand même car il faut bien s'y coller), me revoici fin prête pour une belle année de blog (j'arrête les bonnes résolutions, on verra si ça marche mieux...).
Il faut que je vous parle de Bushy. Bushy est la sixième personne à qui je fais visiter la maison depuis notre arrivée. Non non, ce n'est pas pour la vendre (la maison) mais Bushy est bel et bien notre sixième employée de maison. "Quoi ?" me direz-vous, on a loupé un épisode, voire plusieurs, et oui c'est vrai je ne suis pas très fidèle en écriture et je vous ai épargné les aventures de ces quelques derniers mois.
Vous aviez donc connu Sophy, décédée en Novembre dernier probablement d'une maladie inconnue que je ne nommerai donc pas. Avant sa mort, Sophy nous avait envoyé son amie Elizabeth pour la remplacer. Elizabeth... que dire... elle a été notre rayon de soleil pendant 6 mois, une seconde mère pour les enfants lorsque j'étais en France pour ma Camu, discrète et toujours pleine d'attention, d'une gentillesse à faire fondre. Après la mort de Sophy je m'étais profondément attachée à Elizabeth, et le coup a été rude quand elle est morte à son tour, probablement toujours du même mal inconnu et tabou. C'était début Mai. Cédric et moi avons douloureusement rassemblé ses affaires, vidé sa chambre, et retrouvé des grigris et des bougies avec tout un tas de potions magiques: plongeon dans un univers tellement lointain, différent.
Se sont enchainées alors Mary, Hazel et Trudy, toutes employées par d'autres amis qui nous ont bien dépanné pendant 2 mois. Toutes parfaites, efficaces, compétentes et professionnelles, mais moi je restais scotchée au souvenir d'Elizabeth, à cette relation calme, pleine de confiance et de sérénité que nous avions.
Et voici Bushy. Bushy travaillait pour des amis rentrés en Belgique cet été. Bushy nous avait été chaleureusement recommandée et c'est avec joie que nous l'avons accueillie à notre retour de France. Cela fait maintenant 2 semaines qu'elle travaille à la maison, elle n'y vit pas contrairement à Sophy et Elizabeth, elle rentre tous les soirs retrouver son mari et son petit garçon. Elle est discrète, appliquée, et l'on apprend à se connaître jour après jour. Et ce matin j'ai été prise de panique lorsqu'elle s'est approchée de moi, mal à l'aise. Elle est malade ? Elle aussi va nous quitter ? Chat échaudé craint l'eau froide. "Je suis enceinte" m'a-t-elle dit. Alors, qui sera n°7 pendant le congé maternité ???!!!! Félicitations Bushy !!!
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Publié à 08:21, le 28/8/2008, Mots clefs :
Chers amis,
J'avais décidé que 2008 serait, comme chaque année, l'année de toutes les bonnes résolutions. Comme le beaujolais, il est chaque fois meilleur que l'année précédente vous avez remarqué ? Et première décision révolutionnaire, alimenter mon blog inlassablement, le couvrir de photos diverses et variées, éventuellement lui refaire sa façade, bref, un relooking complet de jeune homme. Seulement voilà, comme toute les années mes résolutions du premier Janvier foutent le camp dès le 2, et le blog est toujours le même, toujours orange et noir, toujours aussi peu de photos, et le beaujolais nouveau toujours aussi dégueulasse.
Mais heureusement certaines de mes résolutions tiennent le coup. Celle-ci date de Septembre dernier, c'est peut-être pour ça d'ailleurs qu'elle est toujours d'actualité: je fais de la gym. Et oui. Amateurs de mes moelleuses poignées d'amour préparez vos mouchoirs, votre deuil va bientôt commencer.
Bon, si j'écris tout ça c'est pas pour vous voir vous endormir sur ma prose, c'est pour vous raconter ce qui m'est arrivé la semaine dernière: Je me rendais, comme trois fois par semaine, à mon cher club de gym, pour, cette fois, un cours de step. Pour ceux qui ne savent pas en quoi consiste le step, c'est une espèce de marche (step) dont on peut régler la hauteur et que l'on place devant soi. Ensuite, en rythme, on effectue tout un ensemble de pas, de sauts, pas-chassés, levers de jambes, de genoux, de bras, chutes éventuelles si on loupe la marche, bref, c'est l'éclate (dans tous les sens du terme). Il faut donc un peu d'espace autour si on veut pas embrasser son (sa) voisin(e) à chaque virage.
Or au dernier cours, un homme, et oui ça arrive aussi dans ce genre d'endroit, je disais donc un homme, le seul de la séance, débarque encore plus tard que moi et viens poser son step à côté du mien, de façon à laisser suffisament de place pour ne pas faire pot de colle, mais trop près quand même pour mon espace vital. C'est bien ma veine je me dis, me voilà avec un boulet qui aurait pu se trouver de la place ailleurs, y en a partout. Mais non il préfère cet endroit précis, et me voici à devoir réduire mes enjambées de gazelle, diminuant ainsi l'intensité des exercices, ce qui, pour une professionnelle des bonnes résolutions de mon envergure, est absolument inadmissible.
Alors je vais me décaller de l'autre côté, me dis-je tout en continuant à souffler comme un buffle. Il est à ma droite, j'ai de la place à ma gauche, je vais donc opérer une discrète translation et le tour est joué. Seulement voilà, on est pas en France ici. Et il se trouve que le type en question est noir. Le seul noir du cours. Si je me décalle, vais-je passer pour une raciste ? Que va-t-il penser ? Que vont penser les autres ? Vous imaginez mon cerveau qui turbine à fond sur ces considérations philosophico-culturelles pendant que mes gambettes font maintenant n'importe quoi, je me suis perdue dans la chorégraphie. Je décide d'un commun accord avec moi-même et mon ryhtme cardiaque d'arrêter de me faire des noeuds au cerveau et de prendre mon mal en patience, tant pis si je lui rentre dedans, au moins il se dira pas que j'ose pas le toucher.
Ainsi s'est passé mon cours de gym, jusqu'au moment où le pauvre homme encore plus paumé que moi dans l'enchainement des pas, a dû se dire que vraiment il était trop près de moi pour faire les mouvements correctement, et s'est lui-même déplacé de l'autre côté. Raciste !
Conclusion, les bonnes résolutions se prennent jour après jour, step by step.
Je vous joint une photo prise à côté de chez nous, histoire de vous montrer à quel point l'anglais peut être trompeur...
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Publié à 09:50, le 31/1/2008, Mots clefs :
Chers amis,
J'ai la grande tristesse de vous annoncer la mort, vendredi soir dernier, de notre Sophie, notre perle noire dont j'avais parlé dans un précédent article.
Sophie travaillait chez nous depuis le mois d'Août et vivait avec nous. Depuis un mois elle ne pouvait plus travailler à cause d'une douleur au genou. Elle a été hospitalisée il y a 15 jours. Les nouvelles étaient alors encourageantes. Et puis vendredi, alors qu'elle semblait aller mieux, nous avons appris son décès par sa famille.
Sophie était la seule de sa famille a travailler, elle nourrissait une bonne dizaine de bouches. Que vont-ils devenir ? Que va devenir sa fille de 16 ans, actuellement en plein examen de fin d'année ? Où est notre place à nous, dans tout ça ? Nous sommes tristes, on se sent impuissants et désemparés.
Quelle horreur ce pays...
A bientôt
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Publié à 10:30, le 26/11/2007, Mots clefs :
Rebonjour à tous, après une longue absence pour cause d'angoisse de la page blanche. Non, pas vraiment en fait, plutôt pour cause de surmenage: aller-retour express en France début Octobre, suivi de près par l'arrivée de Danièle, ma belle-mère chérie. Et au milieu de tout ça je vais de découvertes en découvertes, d'interrogations en questionnements divers, d'incompréhensions en découragements à la vue de cette nation si complexe, ces relations si subtiles entre les peuples en présence, ce frêle équilibre qui n'en est pas un.
Je ne comprends pas ce pays. Je ne comprends pas pourquoi je me trouve face à ce drap blanc étalé sur l'autoroute ce matin en emmenant Noé à l'école. Drap blanc qui efface la couleur, couleur de peau, couleur du sang. Je ne comprends pas pourquoi tous ces noirs s'obstinent à traverser l'autoroute à pied matin et soir, risquant leur vie face aux 4x4 et trainant leurs bambins affolés derrière eux. Réguièrement il y en a un qui se fait happer. Et puis on dégage la route, on nettoie la voiture, ça fait mauvais genre d'avoir des tâches, et le lendemain c'est la même rengaine.
Je ne comprends pas celui qui construit l'autoroute. La N4, qui traverse Prétoria de part en part, de l'Ouest à l'Est et se poursuit jusqu'au Mozambique, sépare, près de chez nous, le township de Mamelodi au nord, du quartier riche où nous vivons au Sud. Et tous les matins les pauvres de Mamelodi viennent au sud travailler ou chercher du travail. Or il y a un pont tous les 3-4 km environ, seul moyen de traverser en toute sécurité. Mais le détour n'est pas rentable. Il semble qu'ils préfèrent s'autoriser un pourcentage de perte plutôt que de marcher.
Alors le gouvernement fait régulièrement intervenir des patrouilles de police qui stationnent sur le terre-plein central, attendant leurs proies. Ca ne loupe pas, dès qu'ils en ont repéré une ils la coursent. La victime paniquée fait demi-tour en plein milieu. Vous imaginez la suite sur cette route très passante aux heures de pointe. Je vous mets au défi de traverser l'A6 à pied à proximité de Paris, disons à Antony par exemple, à 8h du matin.
La solution ? Une passerelle, pourquoi pas. Au lieu de payer des flics à surveiller on paye des ouvriers pour la construire. Mais les réactions à mon idée lumineuse sont toutes les mêmes: c'est même pas sûr qu'ils empruntent la passerelle. Pourquoi monter quand on peut traverser direct ? Pourquoi se fatiguer, dites ? Partisans du moindre effort, manque d'anticipation. Ca me désespère, moi avec ma petite mentalité occidentale et mes réflexes de riche. C'est une culture que je ne comprends pas, mais je commence à saisir à quel point elle est différente de la mienne. Le rapport à la vie est différent, le rapport au temps est différent. Eux ne comprennent pas notre gestion minutée du temps, nous ne comprennons pas qu'ils puissent rester des heures assis sur un caillou à regarder passer les voitures, paisible misère dans laquelle ils semblent se complaire. Mais ça c'est une autre histoire, on aura le temps (!!) d'en parler plus tard.
En attendant, en parlant de route, un merci tout spécial à cette jeune fille courageuse qui, plutôt que d'ouvrir le guichet d'à côté au péage de l'autoroute, nous fait payer notre dû puis court ouvrir manuellement la barrière. Et ce à chaque passage, et elle est la seule caissière.
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Publié à 07:53, le 1/11/2007, Mots clefs :
Au lendemain des all-blacks on criait Vive la France, et maintenant on se fait tous petits en Afrique du Sud, car c'est sûr on ne fait pas le poids. Bravo les gars vous vous êtes bien battus. Mais vous auriez quand même pu leur faire la tête au carré à ces english qui ont des noms de rasoir et des tronches de Charles. Une finale France Afrique du Sud aurait certes été dangereuse pour nous mais on aurait assumé avec fierté et patriotisme. Et les sudaf étaient plutôt pour.
Donc c'est officiel, jusqu'à dimanche on est devenus sudaf, allez les springboks, consolez-nous un peu par votre écrasante victoire contre les insulaires.
Amitiés
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Publié à 10:02, le 16/10/2007, Mots clefs :
A l'heure qu'il est, me semble-t-il, la France s'apprête à rencontrer les All Blacks dans quelques jours (c'est ça, coach Nadège ?). J'en vois parmi vous qui sont déjà prosternés, priant pour un miracle. Ici, quand on dit qu'on est français, les réactions évoluent au fil du temps et des scores de la Rugby World Cup. Nous sommes passés d'un triste "Oh I'm sooooo Sorryyyy..." dépité après le match contre l'argentine, à des encouragements bienveillants par la suite, entrecoupés d'indifférence totale les soirs des matchs de l'Afrique du Sud, où la concentration patriotique était à son comble. Et maintenant nous voilà couverts de regards mi-désolés, mi-encourageants, parfois pleins de pitié envers ceux qui vont se lancer dans l'arène sans bouclier.
Ici le rugby n'est pas seulement un sport national, c'est aussi pour certains le but de la semaine, l'apotéose. Ils vont au stade comme d'autres vont à la messe, ils se préparent toute la semaine, en parlent, lessivent leurs plus beaux atours de supporters, achètent les saucisses et la bière et se donnent rendez-vous. Et quelques heures avant le match ils sont déjà tous là, peinturlurés de la tête aux pieds, qui en bleu et qui en noir, à se faire dorer les merguez sur leurs petits barbecue à gaz, sur les innombrables parkings qui bordent le stade. C'est la fête avant la fête, la bière coule à flot et des bambins de tous âges suivent le mouvement, ou bien font la sieste sous les parasols.
Et puis noirs et bleus entrent ensemble dans le stade. La musique entraine la foule, les chansons sont celles des joueurs des Blue Bulls, car on est à Prétoria, ça danse, ça agite des drapeaux, c'est l'euphorie. Et là, silence. Les derniers spectateurs rejoignent leurs sièges. Et dans un roulement de tambours, rentrent... les pom-pom girls.
Déception de la part féminine du public, Les hommes eux sont scotchés, les mâchoirs tombent, les yeux s'assèchent de rester bêtement écarquillés, plus rien n'existe que cette brassée de paires de fesses se trémoussant presque en rythme. Heureusement ça ne dure pas, et après avoir agité tant et plus leurs pompons bleus, elles laissent place aux choses sérieuses, j'ai nommé les hommes, les vrais, les joueurs. Que dis-je, les combattants.
Voilà où s'arrête ma compréhension du match. Après ce n'est qu'enchainement de collisions, de dislocations, de sprints arrêtés, de croche-pattes vicieux (mais moins qu'au foot quand même, ça j'ai bien remarqué), et parfois, rarement, un mec se décide enfin à envoyer ce satané ballon entre les poteaux. Dans les gradins c'est un ballet pacifique mais néanmoins énergique de drapeaux, tantôt bleus, tantôt noirs, tous mélangés, les plus fervents supporters étant les moins de 5 ans. Promis la prochaine fois on amènera Noé.
Pour nous ça s'est terminé tristement par une défaite, l'équipe des blue bulls ayant envoyé ses meilleurs éléments jouer en France dans l'équipe nationale.
En rentrant on s'est consolés avec la victoire de la France sur l'Irlande.
Voilà, je ne désespère pas d'apprendre les sombres règles du rugby et de devenir un jour aussi brillante que Nadège, qui pour le moment en a même oublié ce qu'est un ballon tellement elle paufine son powerpoint. Enfin j'exagère, pour elle la coupe du monde passe avant la thèse, question de priorités ! Courage Nadège ! (Non pas pour la thèse, je parle de France-Nouvelle Zélande bien sûr !)
Rugbalistiquement vôtre
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Publié à 05:37, le 1/10/2007, Mots clefs :
Les nuages sont arrivés après votre départ. Dans le ciel mais pas seulement. Dans nos coeurs aussi. Ces semaines passées ensemble ont été un vrai régal, régal de bonheur, d'amitié, de rires, d'émotions. Je garde dans mon coeur des souvenirs tout en couleur: couleurs de vos sourires, couleurs de nos 941 photos réunies, toutes plus belles les unes que les autres, couleurs des splendides couchers de soleils que nous avons partagés dans la savane, couleurs des robes grenats au fond de nos verres, couleurs de vos regards empreints de respect et de vérité, couleur des bleus et des noirs, couleur de nos débats hautement philosophiques ("ce vin du cap a-t-il un goût de pruneau ou bien de fruits rouges", ou encore "qui de Dieu ou de l'homme est à l'origine de l'intensité de la vie ?" le tout dans la même soirée si vous voyez ce que je veux dire), sans oublier l'incontournable couleur des vêtements d'Eloi après une journée de crapahutage sauvage dans la terre rouge et de bananes soigneusement écrabouillées (comme c'est bon...). La nation arc-en-ciel porte décidement bien son nom.
En repensant à tous ces moments, je me dis que partir, c'est peut-être couper les ponts, mais c'est aussi les resserrer un peu plus chaque fois qu'on se retrouve, les disjoindre pour encore mieux les ressouder au retour. Les départs sont parfois déchirants, mais avec la certitude d'un avenir encore plus beau on se console un peu.
Alors merci pour tout, les amis, merci.
Tiens, une éclaircie...
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Publié à 05:13, le 26/9/2007, Mots clefs :
Ca y est c'est officiel, j'ai trente ans depuis le 13. Alors pour marquer le coup je change de police d'écriture. Ca s'appelle la crise de la trentaine. Il parait qu'à la quarantaine c'est pire, la cinquantaine n'en parlons pas, la génération du dessus peut témoigner pour en avoir été victime il y a pas si longtemps (à moins que ce soit celle de la soixantaine...). Bref, tout ça pour dire que j'ai franchi un cap, non pas celui de Bonne Espérance (d'accord, elle était facile celle-là) mais celui de la maturité, de la sagesse et du self-control. L'avenir le dira.
A l'occasion de mon anniversaire, nous nous sommes laissé inviter pour un petit weekend en lodge grand luxe dans une petite réserve privée du nord du pays. Je dis petite, mais 45000 hectares tout de même. 45000 hectares de calme, de paix, de savane et de grands animaux. 21 lions règnent en maîtres sur la faune, composée de girafes, de rhinocéros, éléphants, phacochères, antilopes en tout genre, oiseaux et léopards. J'oublie les buffles, ce sont les seuls qui n'aient pas voulu se montrer. J'ajoute à ça une bonne brassée de 4x4 trimbalant quelques humains friqués, et vous avez un aperçu de notre petit séjour de rêve. Et nos amis de dire: voici l'Afrique, la vraie. Mon oeil.
Mais laissez moi vous dire deux mots sur la faune. Tout d'abord la partie porno (tiens, j'en vois qui se réveillent). Nous avons croisé un couple de lion en plein ébat. Je m'explique: afin de lutter pour la survie de l'espèce en assurant l'existence de la génération à venir (comme c'est bien dit pour éviter les termes crus que je ne saurais prononcer - que je ne connais nullement d'ailleurs), Monsieur Lion rencontre Madame lion toutes les 15 minutes, et ce pendant 48 heures d'affilées, sans boire et sans manger (Messieurs, vous faites moins les malins...). Tout ça pour dire que si par hasard vous vous trouvez à pied dans la savane face à deux lions qui copullent, barrez-vous vite, ils sont assez agressifs - je les comprends, moi si je saute un repas je suis déjà hyper énervée.
Autre chose: le saviez-vous ? La girafe a un coeur énorme, comme une pastèque, pour lui permettre d'assurer l'irrigation jusqu'à sa tête. Son nouveau-né a besoin, lors de la naissance, d'une sorte de choc cardiaque pour déclencher la circulation sanguine. La nature étant bien faite, la girafe accouche debout, après avoir choisi un endroit ni trop dur (pour pas que le girafeau s'assomme) ni trop mou (sinon le choc n'est pas assez violent pour démarrer le coeur).
Bon, sinon on a bouffé tout le weekend, on a somnolé au bord de la piscine en pleine brousse -ça a un certain charme de se faire chatouiller les pieds par des babouins- et, j'ouliais l'essentiel, on a regardé les anglais se faire exploser la tronche par les sudaf. Heureusement, sinon nous, pauvres français, étions cuits. L'arbitre français en aurait pris pour son grade et nous avec.
Donc, super weekend pour m'aider à passer le cap. Je passe sous silence le retour, et le visage décomposé de Noé qui croyait qu'on l'avait abandonné pour toujours. Voilà, en plus d'avoir trente ans, je suis une mauvaise mère. Eloi quand à lui s'est jeté dans mes bras, non pas pour avoir un calin mais parce qu'il avait repéré son bib dans mon autre main.
Je vous envoie à tous de grosses bises sudafricaines, en vous espérant en bonne forme.
Claire
{1} -
Publié à 04:37, le 18/9/2007, Mots clefs :
Coucou !
Juste un petit article un peu plus léger que le précédent, avant de répondre aux diverses questions qui m'ont été posées sur l'histoire de Sophie. Tout d'abord, son frère va mieux. Il a pu grâce à elle voir un médecin en urgence, et devant la sévérité de son état il a pu zapper la file ininterrompue de patients attendant sagement leur tour. Le médecin a diagnostiqué de la "sauce dans la gorge", traduction littérale de "sauce in the throat", a réalisé une injection et donné des médicaments par voie orale pour les jours suivants. Les explications de Sophie m'ont laissée perplexe, et je me dis qu'il me manque tout un pan de la médecine à découvrir: la médecine de brousse. Celle où l'on rencontre d'ailleurs probablement le plus de vrais malades, celle où les grands mots et les longs discours ne servent pas à grand chose.
Sophie, qui était revenue dès le lendemain pour être sur le pied de guerre à 8 heures comme à son habitude, est à nouveau rentrée chez elle ce weekend, nous aurons donc de plus amples nouvelles de l'état des troupes à son retour lundi.
A part ça chez nous tout va bien. On continue sur notre rythme installation-découverte, Cédric et Noé s'éclatent en 4x4 à traquer les animaux,
Eloi bouffe tout ce qu'il trouve y compris la casquette de son frère,
il adore se regarder dans l'objectif de l'appareil photo (surtout qu'il n'y a vraiment rien d'autre à voir dans ce foutu pays),
pendant que moi je repense à cette journée exceptionnelle du 7 Juillet...
Merci les amis !!!!
Pour ceux qui sont intéressés, j'ai réussi (miracle) à insérer quelques photos dans l'album photo. La suite au prochain numéro.
Je vous embrasse tous bien fort en espérant vous lire bientôt, ou mieux encore, vous voir très vite. Milly et Nico, on vous attend avec impatience, vous serez les premiers à étreiner notre lit d'amis qui grince...
Claire
{3} -
Publié à 03:57, le 25/8/2007, Mots clefs :
En saluant Sophie ce matin au détour d'un couloir, j'ai vu qu'elle avait pleuré. Sophie. Qui est Sophie ?
Je dirais... notre ange gardien. Notre joyau. La petite douceur qui fait de notre quotidien un cocon bien douillet. Notre petite mère africaine. Plus cruement, Sophie est notre "employée domestique", c'est le terme consacré depuis la fin de l'apartheid, après la période des "bonnes " et des "servantes". Comme tous les riches, nous avons à côté de notre maison un petit appartement pour elle. Elle vit donc avec nous, travaille à plein temps à la maison, s'occupe du ménage, de la lessive, du repassage, et me donne un coup de main avec les enfants. Autant vous dire que je suis comme un coq en pâte. Enfin presque, parce que c'est pas le tout d'avoir quelqu'un à la maison 24h sur 24, mais j'apprends aussi à ne pas laisser traîner mes culottes n'importe où, je prends soin de ranger mon bazard, et j'ai fait une croix sur les petites siestes peinard sur le canapé. Finalement, voir quelqu'un bosser à longueur de journée, ça dynamise. C'est le comble.
En plus de tout ça, Sophie est une personne en or. Elle nous avait été recommandée par 2 familles françaises et à ce jour elle est à la hauteur des éloges qu'elles en ont faite. Sophie est discrète, Sophie est douce, Sophie est agréable, Sophie est efficace, Sophie sait rire et, signe qui ne trompe pas, Noé adore Sophie. Je suis les recommandations que l'on m'avait faites avant le départ, moi dont c'est la première expérience en tant qu'employeur, de garder un peu de distance, de ne pas en faire une amie. C'est dur, car je suis curieuse, avide de connaître sa vie, sa culture, sa famille. Envie de comprendre d'où elle vient, son chemin à travers la récente histoire sud-africaine. Alors nous papotons joyeusement, moi dans mon anglais frenchy et elle dans son anglais tenté de zoulou. Et j'adore.
Et ce matin j'ai touché du doigt ce qu'était la pauvreté, et l'impossible situation médicale des personnes pauvres. Ce matin elle a reçu un sms de sa fille lui demandant de la rappeler. Mauvais signe, ça ne lui arrive jamais. Et sans m'expliquer pourquoi, elle m'a donné 30 Rands (un peu plus de 3 Euros) pour que j'aille recharger son téléphone en faisant mon shopping. Elle n'a pu rappeler sa fille qu'une fois que j'étais revenue, insouciante, de mes courses. Et sa fille de lui dire que son frère (à Sophie) était malade, couché depuis la nuit, fièvre et douleurs abdominales. Panique. Il n'est jamais malade. Il fallait qu'il voit un médecin rapidement. Mais au village il n'y a plus d'argent. C'est la fin du mois, ceux qui sont restés là-bas sont au chômage et attendent ceux qui vont revenir de la ville dans quelques jours chargés de leur paye du mois. Et c'est Sophie qui fournit l'argent pour faire vivre ses deux frères et sa fille. Et sans Sophie, il n'y a pas d'argent. Et sans argent, le médecin refuse la consultation. Pas moyen de transiger, la queue est trop longue, si t'as pas le fric c'est le tour du suivant. Donc Sophie n'avait pas le choix, si elle voulait que son frère voit un médecin, il fallait qu'elle rentre au village, elle qui d'ordinaire ne rentre qu'un weekend par mois, par souci d'économie. Bien sûr je l'ai laissée partir, je lui avancé les maigres 100 Rands qu'elle voulait m'emprunter pour la consultation du médecin, et je l'ai emmenée au bus, bus qu'elle a attendu près d'une heure.
Mais quel est mon rôle dans tout ça ? J'aurais pu lui prêter mon téléphone ce matin si j'avais su l'urgence, j'aurais pu lui donner plus d'argent, j'aurais pu l'emmener directement dans son village, à une heure de route. Un aller-retour Grenoble-Lyon, ça se fait bien... Mais je l'ai laissée s'organiser, se débrouiller à sa manière, comme elle l'a toujours fait, comme elle a l'habitude. Où est la limite entre l'entraide et l'assistance, la fraternité et le paternalisme, voire le colonialisme ? Paradoxallement c'est dûr d'avoir autant d'argent devant des gens qui en ont si peu, et de savoir jusqu'où on peut aller dans l'aide matérielle et financière sans reproduire le schéma sud-africain d'il y a quelques années. Ce serait manquer de respect à Sophie et à son travail que de lui balancer l'équivalent de son salaire mensuel comme on se siffle un café. Et à l'inverse je ne voudrais pas laisser son frère mourir d'un vulgaire manque d'antibio. C'est ça la différence: on a l'habitude d'avoir tout sous la main, les gros moyens et les finitions, avec même un petit détartrage en prime madame si vous souhaitez, et eux n'ont rien, pas même de quoi approcher un médecin, et encore moins un médicament.
Je n'ai pas la prétention de vouloir sauver la planète, ni même les africains, mais dans notre petit paradis blanc, un jour comme aujourd'hui me ramène à une question: comment vais-je pouvoir me servir au mieux de mon petit diplôme bien propre dans ce pays tellement inégalitaire ? Suite au prochain numéro.
J'en profite pour tous vous saluer au passage et m'excuser pour cette absence prolongée, faute d'internet. J'ai donc découvert ce soir vos petits commentaires, j'adore ! Continuez comme ça je me régale.
Grosses bises à tous en vous espérant en bonne forme
Claire
{8} -
Publié à 09:52, le 21/8/2007, Mots clefs :
Certains petits curieux se demandent dans quelle township nous allons vivre.
Hélas, contrairement aux attentes de ma chère soeurette, aventurière devant l'éternel, nous n'avons pas choisi de vivre à Soweto ni dans quelque cité craignos du coin. Certes, vous vous dites "quels frimeurs, ils disent partir à l'étranger, vouloir aller au contact d'une nouvelle culture et d'un peuple riche d'une histoire passionnante, et ils ne s'installent même pas au coeur de la population représentative du pays: 90% noire, 10% blanche". Alors désolée Béné, mais après les horreurs que tu me fais lire dans ton super bouquin, j'avoue, vivre "à l'africaine", avec son lot d'insécurité et d'incertitude, ne nous a pas vraiment tenté. Donc nous ne verrons probablement que très vaguement la face cachée de l'iceberg, même si on peut quand même la deviner au quotidien, et nous ne vivrons pas la peur au ventre nuit et jour, en se disant qu'à chaque coin de rue on peut se faire braquer et que chaque nuit on peut se retrouver nez à nez avec un type armé en se rendant bien tranquillement au petit coin.
Nous avons donc opté pour une maison sécurisée dans un quartier sécurisé: un "estate", en terme aseptisé. Un coin où les riches ne cotoient que des riches, parfaite illusion d'un état pacifique. Tout le monde il est beau tout le monde il est gentil. Les seules balles tirées y sont les balles de golf, avec leur doux bruit de bouchon de champagne: Pop ! Ce petit paradis est ma foi fort agréable, on peut y déambuler à pied très sereinement, arpenter le golf en long en large et en travers, on se dit "bonjour comment ça va" comme si on avait gardé les cochons ensemble, on y trouve un beau restaurant et un grand espace jeux pour les enfants. Il parait qu'il y a même une mini-réserve d'animaux sauvages. Je ne l'ai pas encore vue.
En bref, cette prison dorée, artificiellement construite au coeur d'une "rainbow nation" pas encore complètement apaisée, est l'endroit idéal pour vivre avec des enfants en Afrique du Sud. Et elle fait aussi partie de l'histoire: celle des blancs pourchassés et persécutés par les noirs à la fin de l'apartheid, et qui tentent tant bien que mal de se protéger, sans parler de ceux qui ont préféré fuir le pays. Alors certes il nous faudra d'autres clés que le simple voisinage pour comprendre la culture sudafricaine, son histoire politique et les enjeux qui en font ce qu'elle est aujourd'hui. Mais nous ne manquons pas de motivation pour tenter de découvrir, jour après jour, visite après visite, et en toute sécurité bien sûr, notre nouvelle terre d'accueil.
{4} -
Publié à 03:23, le 3/8/2007, Mots clefs :
Salut à tous !!!
Et bienvenue en Afrique du Sud !
Tout d'abord un immense merci à tous ceux qui étaient avec nous en personne ou en pensée lors de notre WE des 7 et 8 Juillet. Vous nous avez gâtés par votre présence, votre joie de vivre, vos lettres, vos chansons, vos fantastiques chorégraphies, vos coups de téléphone et tous vos cadeaux !!! Et un merci tout spécial à Antoine, sans qui ce blog n'aurait pas pu voir le jour.
Je prends donc la plume aujourd'hui en ce premier Août, premier jour de connexion internet. Je prends la plume pour les premières nouvelles locales: TOUT VA BIEN !!! La photo ici présente vous confirme que nous n'avons pas perdu de temps: premier safari ce weekend, et quelques beaux spécimens capturés par mon tout nouveau et impressionnant objectif surdimensionné.
Mais laissez-moi retourner quelques heures à mes poussins chéris (si affectueusement collants en ce moment) et je suis à vous pour vous raconter les quelques petits détails de notre arrivée.
Bises à tous !
Claire
{1} -
Publié à 09:40, le 1/8/2007, Mots clefs :
Me revoilà, un peu plus au calme, heure de sieste oblige. J'ai de la chance, aujourd'hui les siestes ont l'air de bien vouloir se synchroniser, ce qui est rarement le cas je dois avouer. Et oui je découvre avec une joie sans mesure la vie d'une mère au foyer débordée. Depuis notre arrivée, lundi 23 Juillet 2007, date à inscrire dans les annales, je n'ai d'autre occupation que de soigner ma petite progéniture, d'adoucir un peu pour eux le changement d'environnement et de leur préparer un petit nid douillet.
Donc, au programme: découverte géographique de la région (supermarché, pharmacie, poste), apprentissage des moeurs alimentaires locales (ou comment dit-on "Carrefour", "Leclerc" ou "Monoprix" en Afrikaans), lutte pour sa survie (bien s'enfermer dans sa voiture, ne pas laisser son sac à main apparent lorsqu'on conduit, et autres réjouissances que je n'ai pas encore eu l'occasion de tester comme ne pas s'arrêter au feu rouge ("robot") la nuit) et enfin, recherche de congénaires (vive le square pour enfant, où on repère très vive la douce musique d'une mère française qui hurle à son petit de revenir au plus vite sous peine de représailles sévères).
Non pas que je sois particulièrement avide de parler français (ça fait seulement 10 jours qu'on est parti, je ne suis pas encore en manque de conversation en langue de Molière) mais c'est agréable de parler à quelqu'un qui était à peu près dans le même état d'errance et d'ignorance il y a quelques mois voire quelques années. Je demande des conseils, des trucs et astuces, et je m'abreuve d'anecdotes et de bons tuyaux sur le pays. Et, oh miracle, grâce à toutes ces infos, Eloi a une place en crêche tous les matins dès demain matin. Après avoir visité une petite dizaine de nursery, kindergarden et autre baby day care, j'ai opté pour Deby, sorte de nounou qui tient une petite crèche chez elle. Ambiance familiale, cocon et chaleureuse garantie.
Escortée par mon grand Noé, sage et raisonnable, je vais donc pouvoir dès demain partir à l'affût d'un frigo, d'un aspirateur et d'un micro-onde.
Cédric a pour sa part démarré le boulot sur les chapeaux de roue dès notre arrivée. Il a pris des résolutions inespérées: rentrer tôt du travail. Et figurez-vous que jusqu'à aujourd'hui, il s'y tient remarquablement bien. Ceci lui permet d'entrevoir ses enfants un peu plus que seulement le weekend, et je crois qu'ils le lui rendent bien.
Le weekend dernier, après un samedi à courir les magasins pour acheter couettes, draps et casserolles, nous avons opté pour l'option Le Pargneux (ils se reconnaitront...) le dimanche: pas de rangement, pas de bricolage, mais profiter du pays. Nous sommes donc partis serpenter le Parc du Pilanesberg, petite reserve d'animaux sauvages située à une heure de la maison. Enfin Noé a pu voir pour de vrai les animaux dont on lui avait fait la pub pour qu'il daigne nous suivre en Afrique du Sud. Armée de mon nouvel appareil de compétition, je me suis découverte une passion pour la recherche d'animaux cachés dans les fourrés, planqués derrière les arbres, nichés au creux des branchages. Car en effet, les bêtes sauvages, ça change du zoo de Vincennes, où on est sûr de les trouver derrière l'étiquette portant leur photo. Ici, il faut les traquer, les débusquer, les attendre, les scruter au loin. Et quand, au détour d'une piste, apparaissent au bord de la route deux énormes rhinocéros endormis, là, sous nos yeux, on se dit quelle merveille. Et pendant ce temps, Eloi, insensible au charme d'un tel instant, boulotte tranquillement sa craquotte...
Voilà pour nos premiers moments de vie en Afrique du Sud. Sur ces entrefait, je retourne à mes ouialles en instance de réveil, en espérant vous savoir tous bien en forme au coeur de votre été, pendant que nous on se caille en Afrique (c'est un comble).
{10} -
Publié à 02:18, le 1/8/2007, Mots clefs :
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